Quand on compare deux offres de prêt, on regarde le taux. Quand on compare deux assurances de prêt, on regarde souvent la cotisation mensuelle. C’est une erreur fréquente : deux contrats à 40 € par mois peuvent coûter des sommes très différentes sur vingt ans, selon la façon dont la cotisation est calculée. Commençons par là.
Capital initial ou capital restant dû : la différence qui change tout
Il existe deux manières de calculer une cotisation d’assurance emprunteur.
Sur le capital initial
La cotisation est un pourcentage du montant emprunté au départ, et reste la même chaque mois jusqu’à la fin du prêt. C’est le mode de calcul de la plupart des Contrat de groupeL’assurance de prêt proposée par votre banque. Son tarif est le même pour un grand nombre d’emprunteurs : il est souvent moins avantageux pour les profils jeunes et non-fumeurs.Voir le lexique proposés par les banques. Simple, mais vous payez en année 19 la même chose qu’en année 1, alors qu’il ne vous reste presque rien à rembourser.
Sur le capital restant dû
La cotisation est calculée chaque année sur ce qu’il vous reste à rembourser. Elle est plus élevée au début, puis baisse régulièrement. C’est le mode de calcul habituel des contrats individuels en délégation. Sur la durée totale, le coût est généralement bien inférieur.
Pour comparer, ne regardez pas la première mensualité. Regardez le coût total de l’assurance sur la durée restante du prêt, ou le TAEATaux annuel effectif de l’assurance : le coût de l’assurance de prêt exprimé en pourcentage, pour comparer les offres. Il doit figurer dans l’offre de prêt.Voir le lexique.
Le TAEA, l’indicateur qui permet de comparer
Le taux annuel effectif de l’assurance (TAEA) exprime le coût de l’assurance en pourcentage annuel du capital emprunté, en intégrant tous les frais. Il est obligatoire sur chaque offre d’assurance de prêt, ce qui vous permet de comparer deux propositions sur une base commune, quel que soit leur mode de calcul.
À titre d’illustration, un contrat de groupe bancaire pour un emprunteur de 35 ans affiche fréquemment un TAEA autour de 0,30 à 0,40 %, quand un contrat individuel pour le même profil non-fumeur se situe souvent entre 0,10 et 0,20 %. L’écart paraît faible ; sur 250 000 €, il représente plusieurs centaines d’euros par an.
Un exemple chiffré
Prenons un couple de 35 ans, non-fumeurs, cadres, qui emprunte 250 000 € sur 20 ans pour sa résidence principale, avec une QuotitéLa part du prêt couverte par l’assurance pour chaque emprunteur. À deux, on peut choisir 50 % chacun ou 100 % chacun : plus elle est élevée, mieux le survivant est protégé, mais plus l’assurance coûte.Voir le lexique de 50 % sur chaque tête (100 % au total).
| Assurance de la banque | Contrat en délégation | |
|---|---|---|
| Mode de calcul | Capital initial | Capital restant dûCe qu’il vous reste à rembourser sur votre prêt, hors intérêts à venir. Il figure sur votre tableau d’amortissement.Voir le lexique |
| Taux appliqué | ≈ 0,36 % par an du capital initial, pour les deux têtes | Tarif individuel selon le profil |
| Cotisation mensuelle (couple) | ≈ 75 €, constante | ≈ 41,25 € en moyenne, dégressive |
| Coût total sur 20 ans | ≈ 18 000 € | ≈ 9 900 € |
| Économie sur la durée du prêt | ≈ 8 100 €, soit −45 %, avant frais de courtage | |
Les garanties du contrat en délégation sont équivalentes à celles exigées par la banque : décès, PTIA, IPT, IPP et ITT avec FranchiseCe qui reste à votre charge en cas de sinistre : un délai avant le premier versement (par exemple 90 jours d’arrêt de travail) ou un montant déduit de l’indemnité (auto, habitation, RC Pro).Voir le lexique de 90 jours et indemnisation forfaitaire. Cet exemple est donné à titre d’illustration ; votre résultat dépend de votre âge, de votre santé, de votre profession, de votre statut fumeur ou non-fumeur et du capital restant dû.
Et si ce couple change d’assurance après 5 ans au lieu de le faire dès le départ ? Il lui reste 15 ans de prêt et environ 200 000 € à rembourser. L’économie reste de l’ordre de 5 000 à 6 000 €. Plus on attend, plus la part déjà payée est perdue, mais il est rarement trop tard pour agir.
Les profils qui économisent le plus
Les contrats de groupe mutualisent le risque entre tous les emprunteurs d’une banque. Les contrats individuels tarifent chaque profil. Les personnes qui « subventionnent » les autres dans un contrat de groupe sont donc celles qui gagnent le plus à en sortir :
- Les emprunteurs jeunes, en dessous de 40 ans, dont le risque réel est faible.
- Les non-fumeurs : l’écart de tarif avec un fumeur peut dépasser 30 %.
- Les cadres et professions sans risque particulier, qui ne travaillent ni en hauteur, ni avec des machines, ni sur la route.
- Les gros capitaux : à 400 000 € ou 600 000 €, chaque dixième de point de TAEA représente des milliers d’euros.
- Les prêts en début de vie : plus il reste de capital et d’années, plus l’économie est importante.
- Les couples assurés 100/100, dont la cotisation, doublée, offre deux fois plus de marge d’économie.
Ordre de grandeur selon l’âge
Le tableau ci-dessous donne, à titre indicatif, un ordre de grandeur d’économie, avant frais de courtage, pour un emprunteur non-fumeur sans antécédent de santé particulier, par rapport à un contrat de groupe bancaire.
Voir le tableau par âge
| Âge à la souscription | Ordre de grandeur de l’économie | Commentaire |
|---|---|---|
| 25 – 35 ans | 40 à 50 % | Le profil le plus avantagé par un tarif individuel. |
| 35 – 45 ans | 40 à 50 % | Un profil très courant. |
| 45 – 55 ans | 25 à 40 % | Encore très intéressant, surtout sur les capitaux élevés. |
| 55 ans et plus | 10 à 30 % | À étudier au cas par cas ; le questionnaire de santé redevient souvent nécessaire. |
Ces fourchettes ne sont pas une promesse : elles décrivent ce que nous observons. Seule une étude sur votre offre de prêt et votre Tableau d’amortissementLe calendrier de remboursement remis avec votre offre de prêt : pour chaque échéance, la part d’intérêts, de capital, souvent d’assurance, et le capital qu’il reste à rembourser.Voir le lexique permet de chiffrer votre cas.
Ce qui ne change pas quand vous changez d’assurance
- Le taux de votre prêt, sa durée et vos mensualités de capital et d’intérêts.
- Le niveau de protection : la banque exige l’Garanties équivalentesCondition pour changer d’assurance de prêt : le nouveau contrat doit protéger au moins aussi bien que celui exigé par la banque. Elle compare au plus 11 critères, choisis dans une liste officielle (CCSF).Voir le lexique, et nous la vérifions.
- Votre relation avec la banque : elle ne peut ni refuser sans motif, ni facturer de frais, ni modifier le prêt.
En résumé
Sur une assurance de prêt, l’économie se mesure sur la durée restante du crédit, pas sur une mensualité. Elle atteint en moyenne 40 % sur les dossiers que nous renégocions, avant frais de courtage, soit souvent plusieurs milliers d’euros, sans toucher au prêt ni réduire vos garanties.
